Un instant parfait

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Et je me rends compte comme tout cela m’a manqué.

Comme manquent toutes ces choses dont on prend l’habitude d’être privé (ou de s’en priver), oubliant peu à peu leur saveur.

Je ne parle pas de l’indigne personnage de la photo du jour.

Mais du plaisir des mots quotidiens, même s’ils sont maladroits, approximatifs, imparfaits à traduire toutes les pensées surgies en regardant le monde. Ces mots qui me rapprochent d’un essentiel, même si ceux que je prends le temps de tracer ici ne viendront pas nourrir le livre rêvé.

(Et je reconnais que le temps de silence ici n’a pas accouché de pages mémorables ailleurs…)

De la joie de vos commentaires, même si je sais que vous n’avez pas toujours le temps ou l’inspiration pour en glisser.

De la satisfaction du devoir accompli quand se boucle le billet du jour. Satisfaction d’autant plus grande que je n’y détecte pas de faute, de frappe, d’inattention, d’interprétation.

De la découverte et du partage de musiques venues d’un monde foisonnant de beauté.

Et enfin, surtout peut être, du regard porté sur ce monde. Et sur le regard des photographes qui le parcourent pour nous proposer les images qu’ils en tirent.

Comme Tom Brenner, qui a sans doute guetté l’instant parfait pour déclencher son appareil lors du meeting d’hier,  à Jacksonville en Floride, du candidat sortant de la Maison Blanche. Et dont on espère qu’il en sortira définitivement…

Une photo d’anthologie. Que certains interpréteront peut-être comme la capacité de l’orateur à si bien parler de (et à) son pays. Et où je vois personnellement comme le crachat du mépris.

Question d’interprétation.

Et à propos d’interprétation, de regard, d’instant parfait… et pour ne pas laisser un sale type dans la mosaïque d’accueil de ce blougui, j’ai retrouvé dans mes archives une vielle photo (en argentique alors) de la lune à travers les nuages.

J’y distingue la silhouette d’une femme. Pas vous ?

(Photos : Tom Brenner et JR Chauvin)

Pour oublier les éructations trumpienne en regardant plutôt tourner la lune (qui a inventé l’expression « con comme la lune » ?), j’ai retrouvé cet enregistrement de The Moon Song, par Karen O, Spike Jonze and KK Barrett.

Si le film qu’elle accompagnait m’avait quelque peu déçu, la chanson reste un instant parfait.