L’esprit d’escalier

Slide 1

« Dans ce métier l’escalier c’est ce qu’il y a de plus fatigant… »
Pierre Perret, Pépé la Jactance

*

Le métier qu’allusionnait Pépé la jactance (Truand de Gennevilliers) par la voix de Pierre Perret n’a rien à voir avec celui de blogueur. Qui n’en est pas vraiment un et n’existait d’ailleurs pas au moment où fut écrite la chanson. En 1965.

J’avais 3 ans et prononçais paraît-il mes premières phrases, de préférence à des premiers mots que j’avais attendu de pouvoir les dire de manière plus formalisée. Pour être mieux compris ?

J’ai appris à écrire un peu plus tard. Et Internet a attendu que je sois bien plus grand pour me donner la possibilité de venir les partager avec vous.

Je ne suis toujours pas sûr d’être toujours bien intelligible, même si j’ai renoncé (non sans peine) à toujours être compris. Et j’ai appris sur le tard, à peu près au moment de l’émergence du web (coïncidence) que ma manière de penser, et donc parfois de m’exprimer, avait quelque chose de normal. Dans ma situation.

Bref, en en bref (parce qu’on est déjà dimanche et que je suis un peu en retard pour ce billet de samedi), j’ai la pensée qui digresse volontiers, qui s’évade en étoile ou se déploie en arborescence, l’esprit qui saute volontiers du coq à l’âne et les idées qui filent parfois en aiguille. Entre autres…

Cette situation normale dans mon état est aussi une des raisons, peut être, pour laquelle j’ai aussi l’esprit d’escalier. Avec ma timidité clandestine et ma sensibilité ou ma susceptibilité, qui me laissent parfois sidéré sans savoir quoi dire ou répondre. Sauf avec un décalage temporel qui rend la répartie inopérante.

Et voilà que je trouve cet escalier, photographié sur la plage de Patong, près de la ville de Phuket sur l’île éponyme, en Thaïlande, et que je me demande ce que je pourrais dire d’autre, quels seraient les mots oubliés quelques part, quelle marche j’ai ratée.

Et me disant surtout, finalement, qu’un escalier ouvert comme ça à l’ascension  depuis la plage, invite juste à le gravir simplement, tranquillement, pas à pas, marche après marche, sans regarder mes pieds comme je le fais trop souvent, mais en me tenant bien droit, vertical en clin d’œil, juste heureux d’être là.

A vous proposer le 3300e billet de ce blougui. Et à vous promettre une suite…

Voilà.

Au plaisir de vous recroiser dans l’escalier.

(Photo : Lillian Suwanrumpha)

Et en toute logique j’ai pensé à cette chanson.

Et  puisqu’on est (presque) samedi, jour de mosaïque de reprises, sur abcdetc, aujourd’hui comme naguère, j’aurais pu vous en proposer 6 ou 9 versions. Mais ces deux-là vous demanderont déjà près de 20 minutes d’écoute. Contrastée…

µ