En haut de l’échelle

Slide 1

“Le mépris du football est le signe d’une véritable infirmité intellectuelle !”
Jean-Claude Michéa

“Ce que je sais de la morale, c’est au football que je le dois.”
Albert Camus

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A cause des échelles dressées contre ce mur, j’ai cru d’abord que la photo avait été prise du côté de Ceuta et Melilla où, malgré des barrières de plus en plus hautes, des réfugiés tentent toujours de rejoindre notre Europe.

Mais sa légende m’a appris qu’elle avait été prise à l’extérieur du stade Ďolíček, à Prague, durant un match auquel ces supporteurs assistaient en spectateurs clandestins.

Cependant, à cause de mes tendances ascensionnelles du moment (par l’escalier ou à mains nues le long des gratte-ciel, entre autres…), de mon goût pour les contre-jours, les clair-obscurs, les éclats de soleil couchant ou les reflets, je l’ai choisie pour illustrer ce moment de regard au monde.

Et puis, même si je ne suis pas un fervent amateur de football, que j’ai quitté la pratique de ce sport il y a bien longtemps pour cause d’ambiance pseudo-virile (j’étais adolescent) dans les vestiaires, que je ne suis vraiment supporteur d’aucune équipe sauf chaque weekend de Sochaux par solidarité paternelle, que j’ai un regard indulgent sur les explosions de joie populaire au moment des victoires françaises en Coupe du Monde, en regrettant toujours que mes concitoyens ne descendent pas dans la rue pour d’autres causes, comme la lutte pour une réelle République et que, même si (parce que ?) j’ai en horreur les ultras et leur intolérance, je ne partage pas le mépris commun d’une classe qui se veut au-dessus du commun pour ce sport, parmi les plus populaires au monde (je n’oublie jamais le cricket).

Enfin, j’apprends lentement à (ac)cueillir les joies, petites et grandes. Alors pourquoi pas celle des supporteurs des Bohemians du haut de leurs échelles dans le soleil couchant ?

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Pour ne pas passer pour un parfait dilettante qui bâcle son travail, je peux vous donner le score final de la rencontre : 2 à 0 en faveur des locaux du Bohemians Praha 1905 contre les visiteurs de Fastav Zlín. Je ne peux par contre pas vous préciser si les supporteurs des échelles célèbrent le but de Petr Hronek (32e minute) ou celui d’Ibrahim Keïta (86e)…

(Photo : Petr David Josek)

Malgré son nom anglais, Clarinet Factory est bien un quatuor tchèque (de clarinettes…) Dans lequel Vojtěch Nýdl chante en français.

Il existe une belle version live de ce morceau, que je ne peux malheureusement pas intégrer ici. Savourez la musique et les mots, sans images. Ou imaginez-les…