Pour la bonne cause

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« La violence en tant que telle fait moins mal que le sentiment d’abandon. Le désespoir de savoir que personne ne viendra vous aider. Maintenant ils ne sont plus seuls et ils le savent. Aussi, au plus profond de leur cœur, la joie le dispute-t-elle à l’émotion. »
Gong Ji-young, Les Enfants du silence*

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Encore un doudou ? Oui encore !

Les doudous sont toujours d’actualité. Comme les violences ou les abus sexuels sur les enfants, que ne peuvent malheureusement pas protéger leurs doudous.

Ces violences – physiques, morales ou sexuelles – étaient déjà d’actualité lorsque mes enfants l’étaient. Enfants… Et je me souviens de mon regard posé sur eux, endormis, un soir après une émission sur ce sujet, déjà. Et mon interrogation sidérée de me demander quel homme pouvait être assez inhumain pour s’en prendre à des enfants. Aux siens, à d’autres.

La question demeure. Et les violences aussi.

Alors oui, encore un doudou. D’actualité, même si cette photo, d’un enfant vénézuélien réfugié dans un camp humanitaire à Bogota, date de novembre 2018. Deux ans après, elle illustre l’article de mes confrères suisses du Temps, qui consacrent un article à Mayerlin Vergara Pérez.

Dont je vous glisse aussi la photo, empruntée elle à mes confrères de La Croix.

Des photos de Mayerlin Vergara Pérez et des articles qui lui sont consacrés, vous en trouverez d’autres sur le web. Personnellement, c’est pas la lettre d’information de L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) que j’ai appris que la militante colombienne était lauréate de la distinction Nansen 2020 pour les réfugiés, pour son action auprès des jeunes victimes de violences sexuelles qu’elle aide à se réparer. Autant que possible.

Depuis plus de 20 ans, au sein  de la Fondation Renacer, celle qu’on surnomme Maye est intervenue auprès de plusieurs milliers de ces enfants, victimes de la cruauté prédatrice de leurs aînés. « Je suis très honorée d’avoir joué un rôle dans leurs vies », affirme-t-elle via le site de l’UNHCR.

Le prix de 150 000 dollars (127 789 euros) va donner les moyens à Maye et à la Fondation Renacer de venir en aide à encore d’autres enfants. Mais il permettra aussi, espère Mayerlin Vergara Pérez, de montrer « qu’il est possible pour les victimes de violences sexuelles de changer de vie et d’entreprendre des projets de vie qui sont positifs pour eux, pour leurs familles et pour la société ».

Cette société malade, folle, violente.

Dans laquelle il est tellement naïf d’espérer qu’un jour il n’y ait plus d’enfant auxquels venir en aide. Parce que les monstres y auront disparu ?

Oui, je sais.

(Photos : Raul Arboleda et Nicolo Filippo Rosso)

* Je n’ai pas encore terminé la lecture de ce roman de Gong Ji-young, qui a secoué la société coréenne et entraîné le vote d’une nouvelle loi qui durcit les peines pour les auteurs d’agressions sexuelles sur les mineurs et les handicapés. 
Oui, le monde peut changer…

Passer de l’envie de pleurer, de hurler, à autre chose. En musique…

Quand Alé Kuma, l’un des plus célèbre groupe afro-colombien, est rejoint par Dizzy Mandjeku, « guitar hero » de la rumba congolaise, ça donne l’album De Palenque à Matongé. Et ça donne aussi envie de danser…