Maman !

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« Maman, si tu me voyais
Tu serais fière de ta fille… »
Diane Dufresne, Hollywood Freaks

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« Maman ! »

C’est par ce mot et la photo que je vous propose aujourd’hui, que s’ouvrait la lettre d’informations de France Info que j’ai reçue hier matin.

« Maman ! »

C’est par ce mot, plusieurs fois répété, que Sébastien Chadaud a accueilli sa mère, Sophie Pétronin, à leurs retrouvailles à l’aéroport de Bamako. Elle venait d’être libérée après 1384 jours de captivité. Presque 4 ans détenue comme otage par un groupe de djihadistes associé à Al-Qaïda. C’est long. et l’on imagine la douceur des retrouvailles. Et la joie.

Le cri est émouvant. La photo est belle, presque comme une scène religieuse.

Alors, peu importe le prix de cette libération, les dessous diplomatiques, financiers ou obscurs de cette libération.

Juste me et vous dire qu’elles sont douces les retrouvailles, comme le psalmodiait (presque) Claude Nougaro avec les mots de Julos Beaucarne.

« Maman ! »

Et penser à ma mère, la mienne, qui fut pour sa part captivée par le Mali, où elle passa deux années avant d’y retourner plusieurs fois. Littéralement éprise de ce pays et de tellement de ses habitants dont elle a partagé et raconté les histoires, le quotidien, les aventures. Ma mère et son amie-sœur Nafi, qu’elle avait accompagnée un jour chez la jeteuse de koris (Marietou ?), laquelle se mit soudain à lui parler de son fils (votre serviteur) auquel elle prédisait un avenir radieux. A condition de me protéger des mauvaises personnes…

Il y a des années.

J’ai dû traverser déjà une partie de cet avenir, qui n’a pas toujours irradié. Mais ma vie se poursuit : sait-on jamais ? Et je ne suis pas sûr de m’être toujours bien protégés des salauds qui ont croisé mon chemin. Mais j’avance encore.

Ma mère, ma maman à moi, ne retournera pas au Mali. Sauf peut être sous forme de djinn, pour rendre une visite surprise à ceux de ses ami(e)s qui croyaient à ces esprits.

Ma mère que je ne retrouverai pas. À moins qu’elle n’ait eu raison de croire pour sa part à une vie d’après. Alors que je ne crois qu’à la vie éternelle qu’on donne à ceux qu’on aime encore après qu’ils soient partis de l’autre côté de la vie. Une vie éternelle éphémère.

Éphémère. Comme ce petit moment passé en pensée avec ma mère, ma maman, à cause du cri d’un homme sur le tarmac d’un aéroport lointain. Dans un pays où je n’ai jamais mis les pieds.

Allez, laissez-moi le redire encore, à mon tour :

« Maman ! »

(Photo : DR)

A propos de mère, et puisqu’on est samedi, une chanson que j’ai beaucoup chantée à l’époque, en compagnie d’un ami d’alors, lui aussi disparu et auquel j’offre l’asile provisoire d’une vie éternelle.

Une chanson dont je ne connais pas d’autre reprise que la nôtre à l’époque (sauf par … le fils de Frank Zappa)