Réminiscence

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Slide 1

“Lift me like an olive branch and be my homeward dove
Dance me to the end of love”
Leonard Cohen, Dance me to the end of love

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La ligne éditoriale de ce blougui a toujours été quelque peu sinueuse, comme ma vie ou mes pensées. Mais cependant pas aussi tordue que peut l’être notre monde.

À la reprise des activité, au moment de l’arrivée de l’automne, j’avais décidé :

  1. D’éviter les références à la pandémie
  2. De guetter des traces souriantes sinon joyeuses dans l’actualité photographique, qui constitue toujours la matière première de ma réflexion et des articles que je vous propose.

Je précise donc en préambule, et après cet avant-propos (en espérant que j’ai bien respecté l’ordre, sinon vous pouvez m’y rappeler : à l’ordre) :

  1. Que le personnage au premier plan de la photographie du jour porte un masque pour se protéger non pas du virus mais des gaz lacrymogènes tirés par les “forces” israéliennes contre les manifestants palestiniens venus protester une nouvelle fois, vendredi 9 octobre dernier, contre la colonisation de “leurs” territoires, dans les environs de Naplouse.
  2. Que malgré la violence endémique illustrée par cette photographie, je vais faire preuve d’optimisme.

Enfin, je vais essayer…

Dans cette image de révolte et de répression, la première chose qui m’a frappé (au sens figuré pour ma part) est… la branche d’olivier que tient l’un des manifestants.

Et si je n’ai qu’une mémoire approximative ou sélective, elle est pleine de bribes de souvenirs, qui s’entremêlent et se font écho. Ainsi, cette branche d’olivier, à Naplouse la semaine passée, m’a rappelé instantanément un rameau d’olivier, à New-York au siècle tout aussi passé, le 13 novembre 1974.

Si j’ai déjà évoqué ce discours (ici, ou ailleurs), je n’en avais jamais proposé la version filmée… Enfin, l’extrait qui nous intéresse. L’intégrale est par ici.

“Aujourd’hui, je suis venu porteur d’un rameau d’olivier et d’un fusil de combattant de la liberté. Ne laissez pas le rameau d’olivier tomber de ma main. Je le répète : ne le laissez pas tomber de ma main.”

Et ces mots prononcés par Yasser Arafat dans une assemblée où l’existence de son pays n’était pas reconnue sont pour moi aussi emblématiques et historiques que d’autres phrases passées à la postérité : “I have a dream” (Martin Luther KIng, le 28 août 1963), “Ich bin ein Berliner” (John Fitzgerald Kennedy, 26 juin 1963), “Je vous ai compris” (Charles de Gaulle, 4 juin 1958), “Tu aimeras ton prochain comme toi-même” (Jésus quelques années après lui-même), “Quand est-ce qu’on arrive ?” (mon fils, pendant quelques années de la fin du siècle passé…)

Et c’est là que j’ai décidé d’être résolument optimiste.

Car si je me souviens de ces mots d’appel à la paix, j’ose espérer que je ne suis pas le seul. Et qu’ils résonnent encore aujourd’hui au cœur de certains.

Ça peut survivre longtemps l’espoir ? Presque autant qu’un olivier…

(Photo : Raneen Sawafta)

The Daughters of Jerusalem, chantant en écho avec The Princeton Girlchoir, sont déjà passées par ici l’an passé, avec une chanson émouvante sur Jérusalem. Les voici de retour avec un autre titre : Ya quds wen aroh JerusalemWhere is your soul

Où est notre âme ? Vaste question que souffle le vent dans les oliviers…