Femmes de tous pays, unissons-nous !

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Slide 1

« Le féminisme est l’affaire de tous, y compris des hommes. »
Chimamanda Ngozi Adichie

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Peut-on être féministe quand on est un homme ?

C’est la question que je me posais en débutant cet article dont je me demandais quelle tournure lui donner. Ce qui fait deux questions, je le reconnais. Parmi des dizaines d’autres auxquelles je me suis habitué à donner l’asile.

Et puis, cherchant une citation autour du féminisme, j’en ai trouvé une belle compilation chez mes consœurs de Elle. (Journal pourtant fort peu féministe. Mais la citation reste belle…)

(Je profite de cette référence à mes consœurs pour m’excuser auprès des lectrices de ce blougui pour le manque d’écriture inclusive dans ces pages. Même si je refuse définitivement d’employer le point médian (·), je reconnais que je peux faire un effort inclusif)

Cependant, avant même d’avoir les mots de l’écrivaine nigériane, Chimamanda Ngozi Adichie, je m’étais répondu à moi même, avec l’aide d’un commentateur jadis fidèle et dont je n’ai plus de nouvelles, qui parlait alors du côté “humain, trop humain” de ce blougui : même si je n’ai toujours pas lu Nietzsche, je me sens habilité à me revendiquer comme humaniste. Et je tente simplement de demeurer humain, de le devenir le plus et le mieux possible. En n’oubliant personne. en pensant à chacune comme à chacun.

Oui ça je peux faire.

Comme me réjouir que les cris, les appels à la justice, les revendications des manifestantes (et manifestants), qui ont agité le Bangladesh suite à plusieurs agressions sexuelles dans le pays, aient été entendus.

Quoi que.

Au-delà de mon opposition déterminée (et minoritaire !), je ne suis pas certain que la peine capitale risquée par les violeurs soit la solution aux violences subies par les femmes. Et exercées par les hommes. Au Bangladesh, comme partout ailleurs.

Je crois plutôt qu’il y a tant à faire pour protéger les femmes et leur donner le droit d’aller, venir et vivre comme bon leur semble, sans ajouter de crime au crime.

Et pour, comme le défend fort justement ce communiqué d’Amnesty International, mettre en place de réelles mesures de prévention, d’éducation, de protection et d’accueil des victimes, plutôt que de détourner l’attention.

Et le regard…

(Photo : Rehman Asad)

PS : Vous remarquerez que, malgré l’image nocturne du jour, j’ai réussi à ne pas évoquer l’actualité hexagonale…

Vous reconnaîtrez peut être ci-dessus une image parue récemment dans ces pages.

Un violeur sur ton chemin (Un violador en tu camino en espagnol) est une performance créée par un collectif féministe de Valparaíso (Chili) dénommé Lastesis, dans le but de manifester contre les violations des droits des femmes dans le cadre des manifestations de 2019 au Chili. Elle a été reprise depuis par de nombreuses femmes dans de nombres pays.

Pour les lecteurs non hispanophones (comme moi) l’adaptation française est disponible ici.