Et ça continue, encore et encore…

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« Mais ça continue encore et encore
C’est que le début d’accord, d’accord… »
Francis Cabrel, Encore et encore sur l’album Photos de voyages (1985)

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Après avoir pris des nouvelles de Hugues Aufray (hier), j’ai repensé aujourd’hui à Francis Cabrel, dont les gazettes m’ont appris, à la veille du couvre-feu, qu’il venait de sortir son 14e album, À l’Aube revenant. Mais ce sont des paroles de bien avant, d’il y a 35 ans, déjà, qui me sont revenues, en voyant passer dans les images du jour, deux photos qui parlent d’une guerre qui a 9 ans. Déjà…

Des photos pas vraiment de voyage. Et pas vraiment des cartes postales. Mais comme un signe pour se souvenir.

Se souvenir que l’armée syrienne et son alliée russe continuent de cibler la viedans les zones “rebelles” de la région d’Idlib, où les populations civiles sont traquées, impuissantes.

Se souvenir que, lassées d’être traquées, ces populations continuent de fuir vers la frontière avec la Turquie, pour s’entasser dans des camps de réfugiés dans des conditions inhumaines.

Loin de nos regards, tellement sollicités par ailleurs. Loin de nous. Loin de mon impuissance à dire autre chose que ce désespérant “encore”.

Et de ma quête désespérée de regarder le monde avec tendresse, paisiblement, avec un peu de la lumière qui lui manque, avec mon humanité qui se craquelle et qui s’accroche s’attache à un regard, à des mots, à une présence qui m’aident à me tourner vers le ciel.

Quand même.

Ce ciel où la migration des flamants roses se joue des frontières et des guerres survolées. Comme ici, dans une autre photo d’actualité, prise au-dessus de la Méditerranée, à l’approche d’Israël, à quelques kilomètres au sud d’Haïfa.

Je ne crois pas à a vie en rose, mais oui : quand même…

(Photos : Omar Haj Kadour, Muhammed Said, Jack Guez)

Pour accompagner le vol des flamants roses et des autres oiseaux, comme mon désir d’humanité, j’ai trouvé (par hasard ?) cette toute nouvelle chanson que vient de nous offrir Stevie Wonder.

Une chanson dont il avait composé la mélodie lorsqu’il avait 18 ans et dont il vient d’écrire les paroles, plus de 50 ans après. Comme quoi, les mots peuvent prendre leur temps.

Une chanson qui se veut d’espoir. « Pas le genre d’espoir qui exclut certains d’entre nous mais le genre d’espoir qui élève tout le genre humain », précise Stevie Wonder.

Pour ceux qui (comme moi) ne comprennent pas l’anglais du premier coup, les paroles (et leur traduction) sont ici