Vivons cachés ?

“Le bonheur c’est de continuer à désirer ce qu’on possède.”
Saint Augustin

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Je ne vais pas chipoter Saint Augustin sur l’emploi de ce verbe posséder. D’autant qu’il y a près de 16 siècles qu’il est mort, qu’il s’exprimait sans doute en latin et que je n’ai pas retrouvé la phrase originale dans ses œuvres complètes. Et que cette citation, que je n’utilise pas pour la première fois, est peut être apocryphe.

Bref.

J’aspire toujours à ne posséder au bout du compte (et même si quand on aime on ne compte pas) que deux valises et ce qu’elles pourront contenir de biens matériels. Mais Je continue de (à) désirer. Et, malgré l’intranquillité que me cause le monde (et sans prétention d’égaler Pessoa que je n’ai toujours pas lu depuis mon retour de Lisbonne), j’aspire également au bonheur.

Tout ça pour une photo ?

Plus quelques autres.

Il devient de plus en plus difficile de tenir la ligne éditoriale de ce blougui où, à sa reprise en pleine pandémie, j’affirmais ma volonté de chercher des moments de lumière dans le monde, en évitant autant que possible les rappels de ce quotidien étrange qui est le nôtre. Et celui de tant de terriens. Depuis plusieurs mois.

Entre les photos masquées, les images de violence et les simagrées trumpiennes, l’actualité photographique est peu inspirante. Ou trompeuse.

Ainsi, en voyant la photo du jour dans la galerie de chez Reuters, j’ai cru à un moment paisible en bord de mer, dans l’attente d’un hypothétique autobus ou de simplement du passage du temps. Un arrêt sur une image cinématographique. Tranquille.

Et puis, en lisant la légende, j’ai vu que cette photographie en provenance de Llandudno illustrait l’information du reconfirment du Pays de Galles. Raté !

J’ai donc zoomé dans l’image pour en voir les détails à l’arrière-plan des personnages. Et c’est ainsi que j’ai pris connaissance de l’exposition Hidden Hospitality, qui avait investi les arrêts de bus du bord de mer à Llandudno, il y a deux ans déjà, mais dont plusieurs portraits sont restés en place depuis.

La frénésie publicitaire n’a pas envahi Llandudno. Et, à force de recherches sur le web, je vous ai déniché ces quelques autres photographies d’arrêts de bus, faisant la promotion de la qualité de l’accueil des propriétaires de chambres d’hôtes ou d’employés d’hôtel de la ville.

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Une hospitalité cachée.

Qui, par écho au fameux proverbe évoqué dans le titre du jour, m’a ramené à l’idée du bonheur. Dont les chemins sont imprévisibles.

Quant à l’hospitalité ? Vous êtes toujours les bienvenues (et nus aussi bien sûr) sur abcdetc. Ou chez moi si vous passez par là.

Un peu loin encore du bord de mer. Mais les valises sont (toujours) prêtes…

(Photos ; Carl Recine, Lauren Maccabee, DR)

Les lectrices (et quelques teurs) fidèles d’abcdetc connaissent déjà Catrin Finch. La harpiste galloise a déjà eu les honneurs de cette rubrique, notamment pour sa collaboration avec le joueur de kora Seckou Keita.

Cette fois, c’est aux rythmes colombiens de Cimarrón, que les cordes de Catrin Fish se sont accordées…

Et c’est encore beau comme un soir qui tombe sur un rivage gallois. Ou ailleurs.