S’en souvenir comme si c’était…

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“Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin minuit midi
Dans l’enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent”
Louis Aragon, Nous dormirons ensemble

*

Nous sommes le 11 novembre.

Jour de mémoire de la fin d’une guerre qui ne fut pas la der des der annoncée (espérée) et d’un massacre qui ne fut pas non plus le dernier.

Je me suis interrogé aujourd’hui pour savoir si cet instinct guerrier est vraiment au cœur de chaque homme (et femme ?) et de chaque civilisation. N’attendez pas de réponse, je n’ai pas su m’en donner.

Et la phrase en exergue qui parle d’amour. Au cœur de chaque homme et de chaque femme ? (sans parenthèse mais avec encore le même point d’interrogation…) Mais si je cite ce poème d’Aragon, c’est plutôt à cause des voyages dans le calendrier.

Parce que les Anglais, qui ne font rien comme tout le monde avec une belle détermination, ne font pas de distinction entre les deux guerres ni entre les militaires ou les civiles lorsqu’ils célèbrent le Remembrance Sunday. Qui, comme son nom l’indique, se déroulait dimanche dernier.

Et vous voilà déjà mercredi.

C’était donc (avant-avant) hier et c’est aujourd’hui.

La photo du jour (et donc de dimanche dernier) nous montre quelques retraités de l’armée britannique au garde-à-vous en grand uniforme aux fenêtres du Royal Hospital Chelsea où ils sont confinés… Dans cette période étrange, inédite et mal comprise encore, que les historiens nous expliqueront mieux peut être que ce que nous en saisissons et subissons. Mais qui n’est pas de guerre, malgré certaines insistances rhétoriques de notre président.

Mais pas non plus complètement pacifique. Ni pacifiée. Ni paisible.

Une époque bousculée qui nous donne tellement besoin de repères. Où, alors qu’il n’y a plus non plus de saisons, cette image de fenêtres ouvertes m’a aussi évoqué le calendrier de l’avent que j’accrocherai bientôt, ici ou là,

Pas seulement pour penser à acheter des cadeaux non essentiels pour des personnes qui le sont, mais peut être pour me souvenir (remember…) qu’il existe aussi, dans cette époque aux repères flous et parfois perdus, au cœur des femmes et des hommes, un esprit, un désir, une espérance de paix.

Chaque jour.

(Photo : Henry Nicholls)

Perdre des repères d’accord. Du temps pourquoi pas. Des habitudes ancrées à déshabituer. Des excès de poids, de mots, de complications, de douleur.

Mais ne pas perdre l’essentiel.

Maria Mazotta a collaboré (paraît-il) avec Bobby McFerrin, Ibrahim Maalouf, Ballake Sissoko, Piers Faccini. De belles compagnies ma foi.

Mais quand elle donne de la voix, seule, accompagnée du seul accordéon de Bruno Galeone, c’est superbe. Même si je ne comprends pas tout aux paroles, j’en capte l’intention.

Une chanson extraite de son dernier album, Amore Amaro (Amour amer), intitulée Nu me lassare (Ne me quitte pas).

Essentielle…