En attendant le changement

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Slide 1

“Vous voulez la paix : créez l’amour.”
Victor Hugo, Choses vues

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J’aurais volontiers repris la même citation qu’hier, de cette chanson toujours tellement d’actualité. Mais j’ai toujours un peu peur de me répéter.

Pourtant, je sais que je radote, même si je m’en excuse en disant que ce sont le monde et son actualité radotante qui m’y incitent. Comme leur noirceur provoque parfois la mienne, à laquelle je tente de résister.

Bref.

J’ai trouvé cette image, il y a quelques jours, d’un Israélien coiffé d’une casquette pro-Trump agitant son drapeau devant un bulldozer. Elle a été prise dans la partie est (arabe) de Jérusalem, dans le quartier de Givat Hamatos, où ont été lancés les travaux de construction de 1257 logements, qui doivent être terminés pour le 18 janvier, à la veille de l’investiture du nouveau président étasunien, Joseph Biden.

Une provocation.

Comme l’est la visite hier en Israël du toujours secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, qui a même poussé la provocation jusqu’à aller déjeuner dans une autre colonie illégale, à Psagot. déjeuner arrosé d’un vin de la région (annexée) rebaptisé … Pompeo en son honneur.

“En buvant ce vin, vous buvez le sang du peuple palestinien, et son bouquet a l’odeur de la sueur des fermiers palestiniens”, l’a mis en garde Abduljawad Saleh, citoyen palestinien-étasunien.

Oui, je me répète. Je radote.

Combien de fois ai-je déjà déploré dans ces pages l’occupation, la colonisation, l’annexion de la Palestine par Israël, en toute illégalité et toute passivité de la “communauté internationale” ?

Et puis le monde tourne, les colonies s’étendent. La mosaïque palestinienne est de plus en plus morcelée et grignotée. Et je ne suis pas bien sûr que le nouveau président étasunien y change quoi que ce soit, lui qui fut naguère vice président de Barack Obama qui, tout prix Nobel de la Paix qu’il fût, ne parvint pas à construire une ébauche de paix dans ce paix, Trop fasciné peut être par Netanyahu ?

Oui, le monde radote. Ou plutôt il bégaie.

Mais même les bègues parviennent à finir leurs phrases

Et si personne ne lui coupe la parole, Netanyahu ne s’arrêtera pas dans son projet d’annexion.

Hier, à proximité de Psagot pendant le repas de Mike Pompeo, le drapeau palestinien flottait aussi. Encore. Puisse-t-il se déployer un jour, pacifiquement sinon amoureusement.

(Photos : Amir Levy, Mohamad Torokman)

J’ai vérifié que je ne radotais pas côté musique, mais non, je ne vous ai jamais parlé du Jerusalem Youth Chorus, qui réunit des chanteurs et musiciens des deux parties de Jérusalem, est et ouest, palestinienne et israélienne, pour témoigner que les différences peuvent s’accorder, s’entendre, s’écouter, chanter ensemble et porter un message de paix et d’espoir. Qu’il est possible, comme l’affirme leur devise, de “transcender le conflit par la chanson.”

Voilà leur dernière vidéo. D’autres sont visibles par ici.