En attendant la fin de l’année

,

Slide 1

“- J’aime bien les couchers de soleil. Allons voir un coucher de soleil…
– Mais il faut attendre…
– Attendre quoi ?
– Attendre que le soleil se couche.”
Antoine de Saint-Saint-Exupéry, Le Petit Prince

*

Quand j’étais gamin, nous brûlions les papiers des cadeaux de Noël dans la cheminée, après le passage du Père Noël, dont j’ai découvert que c’était mon père le jour où je l’ai empêché de s’éclipser durant la messe de minuit.

Aujourd’hui et depuis longtemps, je n’ai plus de cheminée, je ne vais plus à la messe de minuit et je ne crois plus au Père Noël. Mes enfants non plus, même si je me souviens de ma fille inventant l’histoire au fur et à mesure des doutes de son frère, pour qu’il continue à y croire. Un peu.

J’aimerais qu’on me raconte encore des histoires auxquelles je pourrais continuer de faire semblant de croire. Et qu’on ne me calcule pas la quantité de CO2 que dégage la combustion des papiers cadeau. Ni celle de mes prochains achats de Noël. Ni celle qu’aura nécessité cet article et sa longue introduction.

Mais je ne suis pas vraiment sûr d’avoir jamais été vraiment insouciant. Même lorsque je brûlais le papier qui avait servi à emballer mon costume de Zorro ou ma poupée noire, Awa (dont j’ai déjà parlée ici…)

Bref.

Toutes ces digressions à partir de l’image du jour et de mes pensées qui naviguent volontiers du coq à l’âne (en passant par la cane), voire du gnou à l’éléphant (en passant par la lionne), bref qui se faufilent et s’aiguillent (sans passer par le chat).

Une image qui nous vient de Belgique, où l’entreprise Vuurwinkel, spécialisée dans la vente de feux d’artifices, a détruit son stock ce week-end, pour cause d’interdiction de tirer de ses feux (et donc de les vendre) en période de pandémie.

En nous souhaitant, quand même et avec un peu d’avance, un bon réveillon.

Je n’ai pas souvenir d’avoir tiré des feux d’artifices, ni dans les réveillons de mon enfance (dont je ne garde étrangement aucun souvenir), ni lors de ceux de ma paternité. C’était plutôt à la fin des vacances d’été que j’en offrais un, traditionnellement, à mes enfants sur le bord de la route du retour. Et je reprendrai volontiers cette tradition en tant que grand-père.

Mais, comme je ne suis pas qu’égoïste ou narcissique, j’ai pensé aux Belges et autres peuples européens privés de feux d’artifices en cette fin d’année, grâce à cette autre photographie, qui nous vient pour sa part des Pays-Bas, où l’interdiction des feux d’artifices (là aussi…) peut être contournée grâce à la possibilité d’enflammer (selon la légende qui accompagnait l’image) du “carbure” (carbide en VO) dans des bouilles (ou bidons) à lait, dont les ventes ont du coup grimpé en flèche.

Pour ma part, j’attendrai que le soleil se lève ou se couche sur de nouveaux vrais feux d’artifices, que j’aime toujours autant que lorsque j’étais gamin.

(Photos : Nicolas Maeterlinck, Vuurwinkel, Niels Wenstedt)

En attendant de dire adieu à l’épidémie et à toutes les restrictions et interdictions qu’elle provoque, je vous propose juste une musique pour dire adieu, en douceur, à ce mois de novembre.

La première chanson de The Tunis Diaries, le dernier (double) album d’Emel Mathlouthi, enregistré pendant sa quarantaine forcée à Tunis, avec les moyens du bord et du moment : un ordinateur portable, un magnétophone et une guitare classique.

La vidéo a été réalisée avec son téléphone.

Et pour celles et ceux qui aiment et veulent plus de douceur, j’ai même trouvé l’album à partager ici :