En loques !

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“Elle m’a expliqué que le pire de tout, c’était le harcèlement, qui faisait de toi une loque humaine. On finit par avoir de soi la même opinion que ceux qui nous tourmentent.”
Arnaldur Indriðason, La Voix

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J’aurais pu intituler ce billet Les Temps changent et vous proposer une citation de Bob Dylan, le prix Nobel de littérature qui vient de vendre toutes ses chansons à Universal pour la modique somme de 300 millions de dollars.

Mais non. Attendez ! Vous allez voir pourquoi…

Vous reconnaissez peut être, sur les photos du jour, Margaret Keenan. La Britannique de 90 ans doit sa célébrité planétaire à être devenue hier la première personne au monde à recevoir une dose du vaccin Pfizer/BioNTech contre la Covid-19”.

La première d’une longue série espèrent les promoteurs de la grande campagne de communication propagande à laquelle nous sommes soumis depuis maintenant plusieurs semaines.

On espère pour eux (comme pour elle) que Margaret Keenan n’aura pas la mauvaise idée de nous quitter prématurément en semant le doute sur les effets secondaires du vaccin. Mais on pourra toujours invoquer son grand âge, pas comme pour ses conscrit(e)s qui meurent bêtement du Covid.

On n’a pas fini de voir de belles images de candidats altruistes et exemplaires à la vaccination. Il paraît que même la reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, des royaumes du Commonwealth, et de leurs territoires et dépendances (ouf !), alias Élisabeth II, serait prête à se faire vacciner (en public ?). Imitée dans la foulée par tous ses confrères et sœurs ?

Naguère, les photographies de vaccinations de masse nous parvenaient plutôt de pays pauvres où des habitants tout aussi pauvres recevaient l’aumône sanitaire de l’ONU, des ONG ou des pseudo philanthropes réellement milliardaires.

Mais les temps changent.

Et en ce temps d’avent, où l’on ne souvient guère de qui a pu bien naître dans les années 0 de notre ère chrétienne, le messie du moment se nomme vaccin, et ses prêtres – scientifiques, politiques, éditorialistes et autres influenceurs de tous genres – (col)portent sa bonne parole, en nous exportant à croire et à manifester notre foi et notre confiance dans ce sauveur (ou plutôt les 321 potentiels sauveurs) de notre humanité.

Je n’en ajoute pas trop pour ne pas être accusé – encore – de complotisme. Mais, bien plus que quelques doutes (partagés) envers tous ces vaccins “miraculeux”, j’ai un énorme scepticisme à propos de cette société (la nôtre) tellement moins bienveillante (voir ici l’excellent article du Monde diplomatique de ce mois de décembre) que méfiante, surveillante, pressante et contraignante (et j’en passe) où tout questionnement peut être si vite taxé de déviant.

Dans ce moment fou d’une étrange résurgence quasi religieuse (en même temps que l’on prétend défendre la laïcité, dont c’est aujourd’hui la journée, marquée par la présentation d’une nouvelle loi censée la “protéger”), il est presque rassurant de voir subsister de vieilles croyances païennes.

Comme celle qui consiste à accrocher de vieux vêtements à un Arbre à loques, comme celui photographié ces jours-ci à Hasnon, au sud-est de Lille, où les masques chirurgicaux ont, paraît-il, remplacé les veilles chaussettes ou les sous-vêtements, “souvent laissés par des personnes souffrant de problèmes de fertilité”, explique dans cet article (en anglais) notre compatriote, Bertrand Bosio, spécialiste des traditions antiques de la région Nord-Pas-de-Calais.

J’ignore si c’est réellement efficace, mais au moins on peut penser que les effets secondaires sont minimes. Et puis l’image est belle.

En conclusion, je sais que c’est un peu facile, mais j’ai quand même bien l’impression que ce sont nos sociétés avancées et progressistes qui sont quelque peu en loques.

(Photos : DR, Pascal Rossignol)

En écrivant le billet du jour et en choisissant son titre, En loques, j’ai bien sûr pensé à Renaud et à sa chanson de quand il était encore vivant, En cloque

J’ai aussi pensé que, toujours à titre d’exemple et pour remonter un taux de natalité historiquement bas dans son royaume, la reine (et son prince) pourraient aussi copuler en direct. Avec l’aide encore de Pfizer si besoin.

Bref.

J’ai arrêté de penser et de dériver. Et j’ai cherché… et trouvé Siti Nurhaliza pour illustrer musicalement le billet du jour.

La chanteuse malaisienne a en effet annoncé sa deuxième grossesse en début de ce mois, sur les réseaux sociaux comme il se doit dans notre époque moderne.

Si, comme moi, vous ne faites pas partie de ses 7,9 millions de fans, je vous propose de découvrir l’artiste (sous contrat Universal comme Dylan).