Libéré, délivré

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“Le juste milieu. Quelque part entre s’en foutre et en crever. Entre s’enfermer à double tour et laisser entrer le monde entier. Ne pas se durcir mais ne pas se laisser détruire non plus. Très difficile.”
Emile Ajar (Romain Gary) – L’Angoisse du roi Salomon

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La citation du jour, transmise par une lectrice fidèle (qui a donc gagné un an d’abonnement gratuit à abcdetc), pourrait faire partie des devises de ce blougui, dont le tenancier fait ce qu’il peut de sa sensibilité dans un monde qui ne ménage pas toujours ses effets.

Mais, comme approchent Noël, la fin d’une année éprouvante autant qu’étonnante et la fameuse rétrospective d’abcdetc qui traversera d’une année à l’autre, j’ai décidé de faire un effort pour que les billets de cette semaine, tout en laissant entrer le monde, privilégient sa part lumineuse.

J’aurais d’ailleurs pu vous proposer, en cette journée de solstice qui annonce le lent retour de jours plus longs et plus lumineux, une évocation de la conjonction Jupiter-Saturne, qui traversera notre ciel aujourd’hui et notre année astrologique dans les mois qui viennent. Pour ceux qui ont envie d’y croire et pourquoi pas ?

Mais avant l’heure ce n’est pas l’heure, comme disait je ne sais plus qui. Et ce “baiser de Noël” (nom poétique du phénomène) ayant lieu ce soir vers 18 heures, la photo du jour ne peut en être le reflet parfait.

Même si certains ont anticipé, comme France-Culture qui m’en parlait ce matin et nous propose sur son site web cette photo (prise à L’Haÿ-les-Roses, dans le Val-de-Marne, le 17 décembre 2020• Crédits : Eric Piednoël – DR)

Bref.

S’il est émouvant de voir se rejoindre les étoiles, ça l’est encore plus de voir Muhammed Bello retrouver les siens après sa libération. Le garçon est en effet l’un des 344 enfants et adolescents enlevés dans leur pensionnat, le 11 décembre, par des criminels affiliés à Boko Haram, avant d’être libérés il y a trois jours.

Et même si’l y a eu sans doute une rançon versée pour cette libération, et qui servira à alimenter encore les terroristes djihadistes, même si d’autres enlèvements ont et auront encore lieu, même si la violence semble ne jamais devoir s’arrêter au Nigeria (comme dans tellement d’ailleurs), même si ça fait beaucoup de “même si”… les sourires de Muhammed et de sa famille sont beaux à voir.

Comme deux planètes qui se rejoignent dans un ciel d’hiver. Et les vœux qu’elles autorisent en attendant Noël.

(Photo : Afolabi Sotunde)

Les souvenirs sont juste un écho de la réalité d’un moment. Et c’est souvent mieux comme ça.

Je suis pratiquement certain d’être dans cette vidéo (pas sur scène mais dans le public…) mais je ne me souviens pas des détails de ces deux heures de concert de Frank Zappa au Palais des Sports le 11 juin 1980. Il y a plus de 40 ans ? Waouh !

Sauf que c’était inégalable.

Zappa aurait eu 80 ans aujourd’hui (c’est une autre radio nationale qui me l’a rappelé). Au passage, c’est l’âge que – influencé par Maude – je me suis fixé comme limite. Mais on a le temps d’en reparler.

Je ne suis pas très sûr que beaucoup d’entre vous écouteront ces 2h20 de concert. Mais vous pouvez (tu peux, message personnel) toujours passer par la chanson la plus courte, Love of my life (aux alentours de la 55e minute…)