Avec des fleurs ?

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“Il faut, autant qu’on peut, obliger tout le monde ;
On a souvent besoin d’un plus petit que soi.”
Jean de La Fontaine  (1621-1695), Le Lion et le Rat

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Je me suis aperçu, en retrouvant cette exergue du fabuliste officiel de nos années d’école primaire, que l’on allait célébrer en 2021 le quadricentaire de sa naissance. Célébration qui promet de faire davantage l’unanimité que celle du bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte, fossoyeur de la Révolution, selon certains (dont moi, en total accord avec Clémentine Autain, que je félicite au passage pour avoir si bien résisté à l’outrecuidance insultante des “journalistes” de France-Inter hier midi ; écoutez ici vers 52’30 sa réponse à cette ultime question napoléonienne et son évocation des 150 ans de la Commune, qu’il conviendrait de commémorer davantage que “cet enflé, avec son chapeau à la con”, comme disait Zazie sous la plume de Raymond Queneau).

Bref.

À propos de coup d’état, en Birmanie les militaires ont repris un pouvoir qu’ils n’avaient pas totalement abandonné, emprisonnant au passage une bonne centaines de responsables politiques, dont Aung San Suu Kyi, la cheffe du gouvernement.

Malgré les menaces de répression, la résistance des Birmans s’organise, et ils sont depuis une semaine plusieurs milliers à manifester leur colère et leur soutien à Mother Suu. Sous l’œil bienveillant de nombreux citoyens du monde qui ne croient pas à la “démocratie véritable et disciplinée“, promise par le général Min Aung Hlaing, commandant en chef de l’armée.

On peut juste regretter que l’élan de solidarité internationale n’ait pas été aussi fort il y a 3 ans et demi, lors de l‘expulsion vers le Bangladesh de centaines de milliers (750.000 ?) de Rohingyas, jugés indésirables par la population et considérés comme “terroristes” par la cheffe du gouvernement. Aung San Suu Kyi. La Prix Nobel de la Paix 1991 avait même osé, 18 ans plus tard jour pour jour, aller défendre les militaires accusés de génocide devant la Cour internationale de justice.

Celle qui “incarne pour les Birmans ce que doit être une vraie bouddhiste”, comme le conclut cet article, a ainsi témoigné que le bouddhisme est bien une religion comme ses comparses : intolérante et mortifère.

Alors, si je souhaite bien sûr la libération de personnes injustement et illégalement emprisonnées (le parti de Aung San Suu Kyi, la Ligue Nationale pour la démocratie, a largement emporté les élections de novembre dernier), mon soutien reste mesuré.

Pour moi, ce sera juste un doigt…

(Photos : DR, Nyein Chan Naing)

Je vous jure que j’ai conclu le billet du jour avant d’aller chercher une icône, non pas de la démocratie, mais de la musique birmane.

Et de faire la connaissance de Lay Phyu (လေးဖြူ).

Je n’ai par contre pas réussi à trouver les paroles de သေခြင်းရဲ့တံခါးများ (Les Portes de la mort). Je peux cependant vous dire que le nom du groupe de Lay Phu, သံလက်ဝါးကပ်တိုင်, se traduit par Iron Cross (ou Croix de Fer). Souvenir démocratique…