En manque

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Un dessin en guise de citation ? À défaut de changer le monde (ce à quoi j’ai presque renoncé sauf à toute petite échelle), ça rompt un peu la monotonie de ce blougui… Et tant pis si ce n’est pas totalement en rapport avec le billet du jour : ça me rappelle ma résolution de reprise de la publication ici, puis de nouvel an, puis de nouvel an asiatique (c’est pour la fin de cette semaine), puis d’anniversaire (c’est pour la semaine prochaine), etc. Résolution qu’il est bon de répéter pour ne pas me me laisser aller à mes penchants pessimistes (naturels ou culturels, allez savoir…)

Bref.

Même si elles se délectent de l’interminable feuilleton autour du virus, les radios et gazettes (les télévisions aussi peut être, mais je n’ai pas de télé) changent aussi parfois de sujet, pour nous rappeler quand même qu’il y a une vie ailleurs.

Ainsi, hier matin sur France-Culture à 7h13, Guillaume Erner recevait Michel Fouquin, économiste, conseiller scientifique au CEPII, spécialiste du commerce international et des pays d’Asie (ouf) pour lui poser sa question du jour : “Comment expliquer la pénurie de puces électroniques ?”

C’est ainsi que j’ai eu, en même temps comme disait je ne sais plus trop qui, l’explication et l’information sur cette pénurie qui nous guette. En effet, la pandémie a accentué la demande mondiale pour les puces, qui commencent à manquer dans certains secteurs : Apple aurait été contraint de réduire ses livraisons d’Iphone comme Sony celle de sa nouvelle console, et l’industrie automobile est contrainte de réduire sa cadence. La production mondiale de véhicules pourrait baisser d’un million et demi sur le premier semestre 2021 !

(Je me permets de déplorer au passage qu’il n’existe plus une seule voiture non “pucée”, ce qui ne me paraît pas essentiel à la bonne marche mécanique de l’engin.)

Si cette décroissance forcée est une bonne nouvelle pour la planète, cela l’est moins pour le commerce, la croissance, les profits et tous les mantras du capitalisme, ainsi que pour tous les prophètes du progrès qui, tel Bob Swan, dirigeant de chez Intel que j’ai choisi pour la première image du jour, espèrent bien que “l’enrichissement de chaque personne sur terre grâce à la technologie” contribuera à leur enrichissement personnel. Et nul doute que c’est aussi une mauvaise nouvelle à venir pour les salariés, variable d’ajustement classique en temps de crise, quelle qu’elle soit.

Sans être vraiment collapsologue et encore moins survivaliste, je sais quand même que cette pénurie annoncée n’est pas la première : si le pic du pétrole est moins d’actualité que celui de la pandémie, il va quand même bien finir par se produire ; l’uranium nigérien et d’ailleurs de notre “transition énergétique” n’est pas inépuisable ; et l’on nous annonce depuis plusieurs années notre première grande pénurie de matière première avec … le sable. Lequel, nous rappelle cet article, arrive en troisième position des ressources les plus utilisées, après l’air et l’eau.

D’ailleurs à propos…

La deuxième photo du jour est celle de Marakera (dont on ne m’a pas donné le nom de famille), un petit Ethiopien âgé de cinq ans au moment où a été prise la photo en 2014, qui a accès à de l’eau potable grâce à un tuyau installé près de chez lui par l’Unicef.

J’ai trouvé l’image sur le site que l’ONU consacre à la Journée mondiale de l’eau (je sais ce n’est que le 22 mars prochain…), sur lequel l’agence internationale nous rappelle que 2,2 milliards de terriens vivent sans accès à de l’eau salubre (c’est chaque jour).

Une sacrée pénurie qui ne fait pas les gros titres et ne nous affole pas.

De toute façon, 2,2 milliards c’est moins que les utilisateurs de Facebook qui étaient 2,8 milliards à la fin de l’année dernière (+12% en un an). Et qui eux, redoutent – légitimement – d’être privés de connexion pour une bête histoire d’éleveurs de puces.

Pour ma part, j’ai souvent peur que ce monde manque d’humanité. Mais, pour rester optimiste, je me dis qu’il nous reste…

(Dessin : Pessin –  Photos : Bridget Bennett, Unicef)

Sinon ?

La Suprême Mary Wilson est partie chanter sous d’autres cieux.

Son talent va nous manquer