Le temps de vivre

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“Tout est possible, tout est permis…”
Georges Moustaki, Le Temps de vivre

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En commençant ce billet, je me suis demandé depuis combien de temps je n’avais pas mis les pieds dans un restaurant, un cinéma, une salle de spectacle et j’en passe pour ne pas trop me faire de mal. Et vous ? Vous arrivez à vous souvenir du monde d’avant ?

Depuis quelques jours j’entends les échos d’un débat pour savoir s’il faut rouvrir ou non… les musées. Pour nous donner une petite récompense en remerciement de notre discipline, de notre docilité, de notre résignation et de notre soumission, entre autres virus galopants, tellement plus dangereux et contagieux que le virus ?

La fréquentation des musées concerne un petit tiers de notre population et dans une répartition bien inégalitaire  (70% chez les cadres et 20% chez les ouvriers). Autant dire que ce débat sur leur réouverture (sous protocole sanitaire strict, bien sûr) n’est qu’une manœuvre de diversion pour tenter de nous faire rester sages.

Et puis ce virus est tellement dangereux.

Autant dire dans ces conditions plus sécuritaires que sanitaires que les photos du jour ont de quoi éveiller quelques nostalgies (au mieux) ou amplifier quelques dépressions (au pire).

Le groupe néozélandais Six60 a donné son cinquième concert hebdomadaire, depuis janvier, samedi 13 février dernier au Sky Stadium de Wellington, devant 32.000 fans, visiblement ravi(e)s, démasqué(e)s et se souciant peu de distanciation…

Il est vrai que la Nouvelle-Zélande c’est loin, isolé du reste du monde et tout autre argument que ne manqueraient pas de m’objecter les anti-complotistes primaires qui fréquentent aussi peu ce blougui que les autres. N’empêche. Malgré l’épidémie, la vie y continue.

Et j’espère que le nouveau confinement, décidé ce weekend pour Auckland … et pour 3 jours, ne viendra pas assombrir mes espoirs et ceux des Néo-Zélandais. Il reste un concert de Six60 à venir, samedi prochain à Hamilton. Et même si ç fait un peu loin et un peu cher, j’y serai avec le cœur.

PS : Si vous n’avez pas pris le temps d’aller écouter Moustaki cité en exergue (et de découvrir le chanteur imberbe !), je vous rappelle que sa chanson se termine par ces mots :

“Sans projets et sans habitudes
Nous pourrons rêver notre vie…”

Je nous (vous) souhaite de pouvoir de nouveau vivre nos vies.

PS bis, mardi matin : Les infos du jour m’apprennent que “La ministre de la Culture a annoncé lundi soir des « expérimentations » en mars et avril, à Marseille et Paris, pour des concerts « debout ».” Plus que deux mois à attendre la fi de l’expérience ?

(Photo : Mark Tantrum)

Honnêtement, je ne suis pas très fan des Six60, que vous pouvez aller écouter ici à défaut d’aller les voir en Nouvelle-Zélande.

Alors, j’ai cherché autre chose.

Partant du titre du jour et de la chanson de Moustaki, et à cause de mon anglais plus que de cuisine (en cuisine je me débrouille…), qui me fait confondre Time to Live et Times to Leave (et à l’oral, c’est pire !), j’ai découvert ce beau morceau de Franz M. Herzog, un conscrit autrichien, superbement interprété (en public dans le monde d’avant) par l’ensemble Cantilene avec Tine Truwant en soliste.

Une chanson de deuil, selon son compositeur.

Pour ne pas faire celui de nos vies.

Pour ceux qui comprennent l’anglais aussi bien que moi, les paroles sont par ici.