Le droit à la parole

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“Ce n’est pas le Covid, c’est un coronacircus. J’en ai assez de cette farce. On ne peut pas vivre dans la peur. Il y a quelque chose de pire que de perdre sa vie c’est de perdre sa raison de vivre. Alors ça suffit, non ?”
Victoria Abril

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La plus grande des actrices espagnoles (selon moi et le jury des trophées Féroz qui la récompensait pour l’ensemble de sa carrière) s’est férozement lâchée jeudi dernier, lors de la remise des prix. Et, contrairement à nombre de mes confères, je suis bien d’accord avec elle, y compris quand elle critique notre président qui “s’en prend aux libertés fondamentales” ou fustige des vaccins “dont les effets de ne sont pas connus”.

“Si je dois passer pour une complotiste, alors soit”, a conclu l’actrice. Moi aussi, même s’il n’est pas encore temps pour moi de conclure ce billet qui ne fait que commencer.

Mais, peut-être parce que nous avons fini par nous habituer à cette insulte facile de la part des adeptes de la “pensée” unique, La Vanguardia, qui relaye les propos de Victoria Abril, est montée d’un cran dans l’injure, en la traitant de “négationniste”. Ou quand l’avant-garde dépasse le point Godwin.

Mais bon ! Pour l’instant, en Espagne ou en France, on a encore le droit de diverger de la “doxa du Covid” sans aller en prison. (Quoi que, si un jour je doive être condamné, j’invoquerai la jurisprudence Sarkozy pour ne pas être incarcéré tout de suite…)

Ça pourrait être pire !

Au Bangladesh, ça rigole moins. Et Mushtaq Ahmed en a fait la cruelle expérience.

Arrêté en mai dernier, pour avoir osé critiquer la politique sanitaire de son gouvernement dans le traitement de la Covid, l’écrivain ( et éleveur de crocodiles) était poursuivi en application de la la loi sur la sécurité numérique (Digital Security Act ou DSA) adoptée en 2018 (la même année que notre loi contre la manipulation de l’information).

Depuis neuf mois, Mushtaq Ahmed restait enfermé, malgré six demandes de mise en liberté conditionnelle. Il est mort jeudi dernier. A 53 ans…

Depuis, les manifestations se succèdent à Dacca, la capitale du pays, pour condamner le traitement auquel était soumis l’écrivain, mais pour dénoncer aussi la répression contre les écrivains, journalistes et militants qui osent critiquer le gouvernement. Les manifestants réclament la lumière sur ce décès suspect et l’abrogation du DSA.

Le gouvernement a accepté d’ouvrir une enquête “pour vérifier s’il y a eu négligence de la part du personnel de la prison” et treize ambassadeurs en poste à Dacca ont exprimé conjointement “leur profonde préoccupation”.

Autant dire que rien ne va changer…

Arrêté au même moment que Mushtaq Ahmed, le caricaturiste Ahmed Kabir Kishor reste lui aussi toujours emprisonné. Mais toujours en vie, aux dernières nouvelles, qui ne sont pas bien bonnes, selon le communiqué d’alerte publié par Cartooning for Peace.

On lui souhaite de ne pas connaître le même sort que son co-accusé.

PS : Si l’on a encore le droit à la parole dans nos “démocraties”, le “droit” à la censure progresse. Afin de “réduire la propagation d’informations potentiellement dangereuses ou trompeuses”, Twitter vient d’annoncer la mise en place d’un possible bannissement de ses utilisateurs. Après préavis ! C’est trop bon…

Pour éviter de tenir des propos qui pourraient vous nuire en osant apporter des réponses alternatives, faites comme le Dr Gérard Maudrux (dont je recommande le blog à tous mes amis complotistes) : Posez les (bonnes) questions !

(Photos : Zabed Hasnain Chowdhury)

Peut-on séparer l’homme de son œuvre ? C’est la question qui ne se pose pas pour Gainsbourg puisque, pendant que sa dépouille achève de se décomposer (depuis 30 ans aujourd’hui, pour ceux qui auraient raté l’info), ses chansons poursuivent leur route, et sont reprises, adaptées, samplées, détournées, imitées. Un festival !

Nous ne saurons jamais si l’homme aurait survécu à #MeToo. Mais puisque Wanda Maria Ribeiro Furtado Tavares de Vasconcelos, alias Lio, est l’une des seules à avoir osé dénoncer le “Weinstein de la pop”, c »est à elle et à son courage que je veux rendre hommage aujourd’hui.

Avec (clin d’œil) une chanson de Prévert.

Et en bonus, une autre, que j’ai retrouvée sur sur la chaine youtube de… abcdetc !