Détruire, disent-ils

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“Le monde n’est pas scindé entre ceux qui croient et ceux qui ne croient pas, mais entre ceux qui font de la place à l’autre et ceux qui s’y refusent.”
Delphine Horvilleur, dans une interview par Elisabeth Quin (Madame Figaro, 26 février)

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A ceux et celles (celle ou celui ?) qui pourraient s’étonner de me voir citer une interview publiée dans Le Figaro, Madame qui plus est, je rappelle que je suis abonné (entre autres) à la lettre d’infos de ce qui reste le premier deuxième quotidien national par sa diffusion, malgré tout. Cette lecture me permet (entre autres bis) de prendre la température d’opinions souvent bien éloignées des miennes. Ce que ne permettent pas toujours les réseaux dits sociaux, si j’ai bien suivi. Mais je n’ai pas poussé le vice jusqu’à m’inscrire à la newsletter de Valeurs actuelles. Quoi que, au moment de l’écrire…

Non !

Toujours est-il qu’en voyant ce matin la photo du jour en provenance d’Hébron (en Palestine ou dans les “territoires”, selon l’endroit d’où l’on parle ou d’où l’on pense), j’ai repensé à cette interview que j’ai lue hier, avec plaisir, comme chaque fois que je croise les propos de Delphine Horvilleur, cette femme rabbin tellement plus intelligente que dogmatique.

Parce que refuser la place de l’autre est tellement ancré dans l’idéologie israélienne depuis trop d’années déjà. Et que, si les destructions de constructions “illégales” au regard de la loi israélienne se banalisent (849 en 2020, dont 175 à Jérusalem-Est, entraînant le déplacement forcé de 996 personnes), je ne m’y habitue pas.

Comme je ne m’habitue pas aux réactions indignées des “autorités” internationales, répétant avec la même banalité régulière que les démolitions illégales […] doivent cesser immédiatement”.

Ni à ce que s’accélère la construction de colonies juives dans les “colonies”.

Mais, come je l’ai déjà écrit ici, je reste un pessimiste qui croit aux bonnes surprises. Et certains signes d’intelligence me sont signes d’espoir. Alors, j’ai recopié une autre citation de Delphine Horvilleur dans l’interview sus-citée :

“Je suis une traîtresse car mon sionisme n’est pas fondé sur la propriété, sur un cadastre biblique, il est ouvert à l’Autre.”

En souhaitant que vivent les traîtres et traîtresses qui, dans ce monde de repli, n’oublient pas la place de l’Autre.

(Photo : Mussa Qawasma)

PS : Outre l’explication sur mon abonnement à la lettre d’infos du Figaro, ce billet vous expliquera aussi pourquoi je ne porte pas de belles chaussures Caterpillar.

Aucune mauvaise intention antisémite dans le choix musical d’aujourd’hui.

Kapela Ze Wsi Warszawa (Orchestre du village de Varsovie) est déjà passé ici il y a 8 ans… Ils poursuivent depuis leur chemin musical où les traditions polonaises laissent une place à quelques influences world ou jazz.

Leur nouvelle vidéo, Oracja do wody (Incantation à l’eau) m’a séduit. Elle est justement extraite de leur dernier album, Uwodzenie (Séduction).

Et elle nous rappelle qu’en Palestine, une bataille de l’eau se livre en même temps que celle des territoires.