Je n’irai pas au bal…

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Slide 1

“Je suis d’un autre pays que le vôtre, d’un autre quartier, d’une autre solitude.
Je m’invente aujourd’hui des chemins de traverse. Je ne suis plus de chez vous.”
Léo Ferré, La Solitude

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Je sais, j’ai déjà évoqué Léo Ferré et sa Solitude pas plus tard qu’hier. Je ne perds pas la mémoire à ce point. Mais, à propos de mémoire, ce sont ces mots qui me sont revenus en tête et aux lèvres quand j’ai appris que l’anniversaire de La Commune serait célébré aujourd’hui par Anne Hidalgo et sa clique !

Non pas parce que j’avais promis de me calmer un peu sur les anniversaires, mais parce que j’ai la nette impression conviction que, si je suis quelque peu éloigné des classes les plus populaires héritières des Communards, le gouffre qui me sépare de la “gauche” socialiste est encore plus large, plus profond, et qu’il ne cesse de s’élargir et de s’approfondir depuis 40 ans. Je viens de réaliser d’ailleurs, en faisant le calcul, que nous allons avoir droit cette année aussi aux célébrations de la victoire de Mitterrand en 1981, laquelle inaugura la longue dégringolade…

Bref.

Je vais tenter (autant que faire se peut) de ne pas participer au bal des hypocrites et je marque donc cet anniversaire sobrement, avec une image trouvée via des commémorateurs moins suspects de bourgeoisie – Faisons vivre la Commune ! – et quelques mots de Proudhon, trouvés en cherchant ce qu’il avait bien pu écrire au sujet des hypocrites :

“Être gouverné, c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni le titre, ni la science, ni la vertu… Être gouverné, c’est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C’est, sous prétexte d’utilité publique, et au nom de l’intérêt général, être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre résistance, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale ! Et dire qu’il y a parmi nous des démocrates qui prétendent que le gouvernement a du bon ; des socialistes qui soutiennent, au nom de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité, cette ignominie ; des prolétaires, qui posent leur candidature à la présidence de la république ! Hypocrisie !”

C’est tout pour aujourd’hui

Allez, j’ajoute cette chanson qu’aimait ma mère, inconditionnelle de Jean Ferrat… et socialiste, jusqu’en 1981.