Ca gaze à Gaza

Slide 1

“La beauté est dans les yeux de celui qui regarde.”
Oscar Wilde

*

Pas toujours, Oscar, pas toujours. Le regard est parfois trompeur. Comme dans cet amour au premier regard (paroles de Wisława Szymborska, musique de Zbigniew Preisner), parfois démenti par une vision prolongée. Ou dans tant d’autres circonstances où la beauté s’éclipse en regardant mieux.

Par exemple, ce regard d’enfant dessiné sur un mur a attiré le mien. Son regard a croisé mon regard comme un rayon laser, ai-je pensé fugitivement, en repensant à ces jeudis matins où nous comptions les « besoin d ‘amour » de France Gall en dansant un rock aussi endiablé qu’acrobatique avec mon fils, que je serais bien incapable de soulever aujourd’hui. Le temps passe…

Le temps passe, mais certaines choses semblent immuables, figées, désespérément impossibles à changer.

Comme la situation à Gaza. Où des centaines de Palestiniens, dont les quelques femmes que regarde l’enfant sur le mur, sont venus une nouvelle fois manifester devant le siège de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) pour protester contre la baisse annoncée des aides alimentaires délivrées par cette agence de l’ONU.

Une agence en déficit permanent, à laquelle il manque 200 millions de dollars (depuis plusieurs années) pour accomplir décemment sa tâche auprès de près de 5,4 millions de réfugiés palestiniens à travers le Moyen Orient.

Pour arranger le tout et en parlant de décence, l’agence fait l’objet d’un rapport interne qui dénonce des “agissements à caractère sexuel inappropriés, du népotisme, des représailles, des discriminations et autres abus d’autorité, (commis) à des fins personnelles, pour réprimer des divergences d’opinion légitimes…” (sic). Ca fait beaucoup. Et ce n’est pas de nature à rassurer sur l’avenir alimentaires des Gazaouis !

Ils pourront toujours se consoler en apprenant qu’ils n’ont toujours reçus que quelques milliers de doses de vaccin contre le Covid !

Ou en allant jouer au football avec la Croix rouge qui, comme me l’a appris cette autre photo, trouvée sur la même page que celle du jour, organise des matches pour les amputés, victimes de l’armée israélienne.

Une manière de travailler cette fameuse “résilience”, chère aux développés personnels ? Pas vraiment, si l’on se souvient que la définition initiale de ce terme un peu galvaudé est “la capacité de certains matériaux à reprendre leur forme initiale après un choc”.

Je sais, c’est quelque peu cynique, mais pas plus que le titre que proposait l’Afp il y a deux ans, à propos d’un précédent match de football dans le même territoire : L’amour du ballon donne des jambes aux amputés de Gaza.

(Photos : Mohammed Abed, Suhaib Salem)

J’ai entendu l’autre soir à la radio, Salamaleikoum, une chanson extraite de l’album Yaral Sa Doom de l’ensemble sénégalais Wau Wau Collectif. J’ai retrouvé la chanson, puis une autre, accompagnée d’une vidéo : Mouhamodou Lo and His Children.

Voilà.

Que la paix soit quand même sur vous, comme à Gaza.