Si vous saviez

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• “Je ne comprends toujours pas pourquoi on félicite et récompense ceux qui ont des beaux enfants, comme si c’était leur faute. Pourquoi, alors, ne pas punir et mettre des amendes à ceux qui ont des enfants handicapés ?”
• “Quand je parle de mes enfants, je dis qu’ils ne sont pas comme les autres. Ça laisse planer un doute. Einstein, Mozart, Michel-Ange n’étaient pas comme les autres.”
Jean-Louis Fournier, Où on va, papa ? (2008)

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Pour diverses raisons familiales, extra-familiales ou simplement extra, je n’ai pas été en mesure d’assurer ces derniers jours la bonne tenue de ce blougui et la publication de quelques billets quotidiens. J’espère que vous voudrez bien m’en excuser. Comme ne manqueront pas de m’en excuser les quelques lecteurs (et trices) qui ont pu (j’espère) apprécier ma présence. Et le bonheur – superflu – qu’elle leur a procuré.

J’ai ainsi échappé, mieux que notre président, à la prise de tête du sujet de premier avril dans un moment qui ne prête guère à rire. Et si j’évoque la périlleuse prise de parole présidentielle en cette veille de premier avril, c’est pour vous prévenir à l’avance d’une possible relâche dans les jours qui viennent, pour cause de weekend pascal pas complètement isolé.

Bref.

En apprenant ce matin que nous “fêtions” en ce 2 avril la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, je me suis dit que je ne pouvais pas passer à côté.

Non pas pour me rattraper avec je ne sais quelles blagues mal venues, ni à cause de raisons familiales ou extra, ni pour exhiber sur ce blougui un ruban bleu “en gage de soutien à la cause”  avec quelques mots clefs (hashtags en français d’aujourd’hui) un peu idiots (#TousEnBleu #ChangeonsLaDonne), en gage de solidarité (?), en me demandant bien quelle donne je peux changer dans les familles touchées par l’autisme en affichant un ruban de quelque couleur que ce soit.

Mais juste pour rappeler ma sensibilité. Voire mon hypersensibilité. Et mon agacement de voir des bien portants se sentir valorisés en se cherchant un handicap.

Je veux parler de tous les aspergés (je sais on dit Asperger, à cause de Hans le pédiatre) qui ressentent le besoin de dysfonctionner dans un monde déjà bien  assez “dys” et qui exhibent leur syndrome comme d’autres leur légion d’honneur. Ce qui me semble, pour le moins, témoigner d’un certain manque de sensibilisation à l’égard des vrais handicapés. Et je ne vais pas vous refaire le coup du piou zioup.

Un peu comme les parents d’enfants tellement tristes qu’ils soient “comme les autres” et qui se sentent fiers de les désigner comme zèbres alors qu’ils ont la chance de ne pas être surdoués (ou précoces ou potentiellement je ne sais quoi…) Et là, je sais de quoi je cause. Même si je n’ai toujours pas terminé (entame ,) la rédaction de cette autre ouvrage de ma bibliographie complète et inachevée Parents si vous saviez ?

Bref (bis).

Bonne journée à tous. Et à Chronos, le bébé zèbre de la photo qui vient de naître au Safaripark Beekse Bergen.

(photo : Hollandse Hoogte)

La grand cycle de la vie. Un zèbre naît, un chanteur meurt.

Patrick Juvet est donc mort le 1er avril. C’est pas drôle.

Et comme je n’avais pas le cœur à vous repasser Où sont les femmes ? alors que je me contente du singulier, j’ai cherché une autre chanson suisse.

J’ai d’abord trouvé cette étrange partition, inspirée par une maladie à la mode, que vous pouvez toujours écouter comme une curiosité supplémentaire de ce monde dis..sonnant.

Mais j’ai trouvé mieux et en langue officielle, avec une des dernières chansons de Sophie Hunger, dont j’arrive au moins à traduire le titre. Trouve moi… Tout un (beau) programme.

En vous souhaitant de trouver ce que vous cherchez. Ou n’attendez plus.