Un moment de réalité
(Nothing is real ?)

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“- T’as vu le métro ?
– Non.
– Alors, qu’est-ce t’as fait ?
– J’ai vieilli.”
Raymond Queneau, Zazie dans le métro (1959)

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Je suis sûr que j’ai déjà cité Zazie quelque part dans ces pages, mais j’ai eu la flemme de chercher où et quand. Tant pis. Et puis tout le monde s’en fout, non ?

En ce mercredi d’avril tellement ordinaire de cette période inhabituelle qui dure depuis déjà assez longtemps pour que nous ayons fini par nous y habituer en même temps que nous ne la supportons plus, j’ai vécu une journée ordinaire adaptée. En mangeant ce midi sur mon bureau, des raviolis arméniens que je suis allé cherche “à emporter”, je n’ai même pas lu Le Canard enchaîné que je lisais naguère attablé au Spürk, où je ne fais maintenant que passer.

Dans quelques années, peut être, mes descendants pourront télécharger directement des raviolis ou autre chose sur ce qui aura remplacé ces téléphones que nous trouvons aujourd’hui tellement smart. Je ne leur souhaite pas. Et je souhaite encore tellement, chaque mercredi qui passe, que les enfants puissent encore jouer.

Aussi, j’ai été tout heureux, en sortant du travail qui me paye, de croiser une grappe d’enfants, avec leurs ballons, leurs vélos et leurs planches à roulettes, installés pour jouer sur les couloirs des bus qui ne passent pas si souvent. Et, rentrant ici pour m’atteler à ce travail qui me plaît, j’ai voulu trouver une image d’enfants en train de jouer.

C’est ainsi que, cherchant “children play” chez un fournisseur d’images d’actualités (en pensant aussi à d’autres articles illustrés par la chanson de Cat Stevens, que je n’ai pas recherchés non plus), je suis tombé sur … Sadiq Khan, bien seul dans la cour de l’école maternelle Fairfield Play Centre de Londres.

Un moment de campagne électorale (les élections municipales britanniques sont prévues pour le 6 mai prochain) sans public sauf un photographe pour immortaliser la (les) scène(s). Pourquoi pas. Il faut s’adapter, n’est ce pas ? Et puis, de toute façon, les enfants ne votent pas, en Angleterre comme chez nous. Et les adultes de moins en moins.

Et puis, j’ai retrouvé quelques enfants, accompagnant l’actuel maire de Londres, pendant qu’il plantait ce que j’ai appris être un pied de fraisier. Me rappelant au passage (par erreur de traduction) le goût des glaces que préparaient ma mère avec les … framboises du premier jardin de mon enfance, en même temps que je me suis mis à fredonner une chanson des Beatles, que je suis allé rechercher sur le web.

Les paroles disent entre autres : “Living is easy with eyes closed”. Mais, sans me tromper cette fois dans la traduction, j’ai décidé de garder cependant les yeux ouverts…

(Photos : Leon Neal/Getty Images)