De quoi s’y perdre

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“Aimer à perdre la raison
Aimer à n’en savoir que dire”
Louis Aragon chanté par Jean Ferrat

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Je sais… La citation du jour aurait eu davantage sa place hier en exergue d’un billet titré A perdre la raison. Mais, même si je m’en souviens encore comme si c’était hier, ce qui me rassure sur l’évolution de ma mémoire, j’ai quand même l’esprit d’escalier. Entre autres.

Bref.

En découvrant la première image du jour, j’ai soudain glissé dans l’espace comme dans le temps, en découvrant la Statue de la Liberté en plein Tokyo, avec une annonce pour les Jeux olympiques de … 2020.

Mais non ! Ce n’est pas un effet de la dystopie en œuvre dans nos sociétés occidentales, de l’aveu même de ceux qui ont instrumentalisé la peur, cherchant à contrôle les esprits à défaut de pouvoir contrôler la pandémie.

Et si nous sommes bien en 2021, ce sont quand même les Jeux olympiques de 2020 qui devraient se dérouler à partir du 23 juillet prochain. A moins d’un nouveau report pour de nouvelles raisons sanitaires ou d’une annulation pure et simple pour des raisons démocratiques. Ce qui serait pour le coup vraiment nouveau.

Le glissement s’est poursuivi avec la photo suivante, venant de Hong-Kong (en Chine, selon l’AFP qui ne craint pas les incendies diplomatiques), où c’est cette fois l’Euro, 2020 encore, qui était annoncé, par ce que j’ai tout d’abord pris pour une équipe locale et qui n’était (ouf) qu’un boys band sponsorisé par la chaîne qui retransmettra les matches là bas.

Ouf !

Heureusement, les premières images de l’Eurovision, qui fêtera bien son édition 2021 ce samedi, sont venues me rassurer et me ramener ici et maintenant. Où les combats n’ont pas fini d’être d’actualité

(Photos : Naoki Ogura, DR, Piroschka van de Wouw)

A propos d’Eurovision et de perdre la raison…

La dernière fois que j’ai vu ma mère chez elle, avant qu’elle ne trouve refuge dans un EHPAD pour achever d’y perdre la mémoire et la vie, je lui ai proposé d’écouter Jean Ferrat qu’elle aimait tant. Et elle s’est mis à chanter à tue-tête “Aimer à perdre la raison…” Ce qui, reconnaissez-le, était un sacré trait d’humour de la part d’une femme qui n’en avait pas tant que ça. Du moins avant de perdre complètement pied, ce qui je trouve est un effet plutôt désirable de la maladie d’Alzheimer.

Bref.

Dans cette période de glissement, ma mère répétait plusieurs fois par jour, par heure ou par minute, : “Voilà, voilà, voilà…”

J’ai reçu la chanson de Barbara Pravi, qui représentera notre pays samedi prochain à Rotterdam, comme un hommage à ma mère.