Appels à la pelle

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“Quoi qu’il arrive, la flamme de la Résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas…”
Charles De Gaulle, Appel du 18 juin 1940

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Notre micrométrique président n’a visiblement pas prononcé de discours hier au Mont-Valérien où se commémorait l’Appel à la Résistance, mais il n’a pas résisté à refaire le coup des Jours heureux pour annoncer le concert, pour la fête de la musique élyséenne, de Jean-Michel Jarre et Marc Cerrone. Deux sacrés résistants du bling bling musical.

Bref.

Nous ne sommes toujours pas en guerre, même si nous avons adopté nombre de comportements ataviques et instinctifs de ces périodes tristes et connes : couvre-feu, stock de denrées, délation, surveillance policière, mise en place de laissez-passer, propagande d’état. J’en passe et j’évite soigneusement les amalgames déplacés que certains s’autorisent avec les camps d’extermination et les étoiles jaunes qui les ont précédés. Un genre de conneries qui permet de déconsidérer, grâce à un autre amalgame, tout résistant à la doxa sécuritaire, en le taxant de complotiste ou de désinformateur.

En période d’état d’urgence plus sécuritaire que sanitaire et d’obligation vaccinale, l’esprit de résistance est prié de s’éteindre et les militaires appelés à ne pas lancer d’appel.

Mais bon. À part une bonne poignée de riches Parisiens partis envahir la Bretagne, le peuple français n’a pas été contraint à un nouvel exode.

Contrairement à 79,5 millions de personnes de par la monde. Soit 1% de l’humanité, comme le rappelle le HCR (Agence des Nations Unies pour les réfugiés) dans son dernier rapport, publié à la veille de la Journée internationale des réfugiés.

Pour rappeler cette urgence, un peu occultée par d’autres, le HCR lance un appel aux consciences, et s’associe à Twitter pour diffuser un emoji #WorldRefugeeDay (#JournéeDuRéfugié en français d’autrefois et ici en d’autres langues…)

Un dessin créé par Hangama Amiri, une jeune artiste d’origine afghane devenue canadienne, qui a semble-t-il “réussi” son exil, puisqu’elle expose maintenant ses œuvres dans le monde entier, et aujourd’hui sur Twitter.

En espérant que son appel soit entendu…

(Photo : HCR/Ashley Le)

Une autre Afghane, Sonita Alizadeh, a résisté aux mariages forcées avant de s’exiler en Iran, puis aux Etats-Unis. s’est vu décerner cette semaine le Prix Liberté, attribué par un vote des jeunes de 15 à25 ans.

Les mariages forcés n’ont pas cessé et la chanson de la jeune rappeuse reste malheureusement d’actualité.