Abstention, abstinence, moment d’absence

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« Comme disait Coluche : “Si voter changeait quelque chose, il y a longtemps que ça serait interdit”. »
Keny Arkana

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Parmi toutes les causes ou raisons de l’abstention massive d’hier, je n’ai pas lu ou entendu citer Coluche. Mais il faut dire que je n’ai pas lu ni écouté tous les commentaires débités en tranche depuis hier soir. Et je n’ai vu qu’au hasard d’un message sur Twitter évoquer le fait que les électeurs se sont peut être détournés de partis politiques qui, tous sans exception (ou presque*), se sont faits les complices d’un état d’urgence aussi peu démocratique qu’inutile.

Avec 66,1% d’abstention, la France semble avoir battu un nouveau record et, après toutes les hypothèses pour expliquer le désintérêt, on va avoir droit à toutes les propositions pour “rénover la démocratie”.

Ainsi, pour regonfler les chiffres de participation, et en même temps éviter de nouveaux naufrages à son parti, le délégué général de La République en Marche, Stanislas Guérini, proposait dès ce matin de “se donner tous les moyens” en mettant notamment en place le vote par Internet.

C’est très start up nation et aussi novateur que les vaccins à ARN, mais moi qui suis réactionnaire, je suggèrerais plutôt de s’inspirer de nos voisins Belges, chez qui le vote est constitutionnellement obligataire, sous peine d’une amende de  40 à 80 €, et jusqu’à 200 € en cas de récidive. Avec plus de 31 millions de non votants, on peut espérer récupérer entre 125 et 600 millions d’euros. Ce qui permettrait au moins d’éponger un peu du “quoi qu’il en coûte”, dont on finira par comprendre que c’est à nous qu’il coûtera pendant que les grosses fortunes augmentent.

Bref.

Pas de grande fête électorale hier soir en France pour profiter de la disparition (provisoire ?) du couvre-feu. Contrairement à l’Iran, où l’on a célébré samedi la victoire – annoncée – d’Ebrahim Raïssi, dès le premier tour de la présidentielle, malgré une abstention supérieure à 50%, pour la première fois depuis 1979 et l’instauration de la République islamique.

Quant à savoir si cela changera quelque chose, dans le quotidien des Iraniens ou dans la tension internationale, à suivre…

* Oui c’est dur de se retrouver “aux côtés” de Florient Philippot… Mais j’ai bien mal à ma gauche…

(Photos : Meghdad Madadi, Ebrahim Noroozi)

Le rap est décidemment la musique de résistance de ce siècle.

Après l’Afghane Sonita Alizadeh passée par ici samedi dernier, voici donc l’Iranienne Farima Habashizadeh, plus connue sous le nom de Justina, avec sa chanson تصور (Imagination) dont je vous laisse … imaginer les paroles (ou les retrouver ici).