La pluie et le beau temps

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« Vous
je ne vous regarde pas
ma vie non plus ne vous regarde pas
J’aime ce que j’aime
et cela seul me regarde
et me voit
J’aime ceux que j’aime
je les regarde
ils m’en donnent droit. »
Jacques Prévert, Droit de regard, paru dans La Pluie et le beau temps

*

Je me souviens d’une des nombreuses histoires que j’ai racontées à mes enfants lorsqu’ils étaient petits (en attendant mes petits-enfants ?) dans laquelle un inventeur compulsif mettait successivement au point une machine à ensoleiller, puis à pleuvoir, puis à neiger, puis à embrouillarder, puis tout à la fois, puis plus rien… parce que toutes ses machines avaient détraqué le temps dans le ciel au-dessus de son village.

Je ne savais pas alors que nous étions, pour de vrai, en route pour un vrai dérèglement climatique. Et que notre “civilisation” n’était pas vraiment prête à stopper les machines qui en sont responsables.

J’ai repensé à tout cela (parmi d’autres choses) en découvrant ce weekend une image étonnante en provenance du ciel de Thaïlande. La septième de la série du jour, que je vous remets ici pour que vous voyiez mieux de quoi je parle.

La légende qui accompagnait l’image titrait sur “une étrange méthode”.

La méthode en question et ainsi illustrée consiste à balancer des produits chimiques dans les nuages pour y provoquer la formation de cristaux de glace qui accélèrent l’éclatement d’averses. Lesquelles averses sont censées réduire la pollution sur Bangkok, une des trop nombreuses villes qui étouffent et suffoquent de par le monde.

Étrange méthode en effet de lutter contre la pollution en polluant d’une autre manière. Pathétique situation d’une humanité qui ne sait pas traiter les causes de son étouffement et qui se trouve réduite à des manipulations hasardeuses. Triste fin d’une mauvaise histoire où l’on ne sait plus quoi inventer…

Au vu des photographies que j’ai pu trouver en provenance de Bangkok après le passage des avions d’épandage chimique (ou des canons à eau), la pluie semble bien être arrivée. Mais si les parapluies sont de sortie, les masques ne sont pas retirés.

Pour lutter contre la sur-pollution de nos mégapoles asphyxiées (et asphyxiantes), il va peut être falloir trouver autre chose.

Et vite !

(Photos : Romeo Cagad, Athit Perawongmetha, Narong Sangnak, DR)

À propos de pluie, j’ai reçu aujourd’hui un commentaire sur un récent article au sujet des inondations au Liban, avec un appel au soutien de ceux qui viennent en aide aux populations, locales ou réfugiées…

Et à propos de Liban, j’ai appris que l’un des plus célèbres chanteurs du pays, Ragheb Alam, avait été accusé de “pousser la population à quitter le pays” par un  député qui n’a pas apprécié sa dernière chanson, Tar el-balad (Le Pays est perdu), où l’on trouve entre autres ces paroles ; “Il est temps de crier, où est la justice ? Les rêves se sont envolés, le pays est perdu et personne ne nous écoute…”

La polémique qui s’en est suivie n’a pas empêché la chanson de devenir la deuxième chanson la plus téléchargée sur iTunes.

Mais empêchera-t-elle la perte du Liban ?